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TEXTES SUR MON TRAVAIL
Le succès hâtif remporté par quelques audacieux grâce aux puissants moyens actuels de diffusion, par la mise en valeur d'une seule et simple particularité capable de satisfaire à l'appétit des foules incultes, montre dans quelle mépris des valeurs humaines s'engage notre civilisation et quel dangereux climat moral et social s'offre à notre jeunesse. Est-ce que le travail et les études, la conscience professionnelle, le désire de perfection, cependant source de véritables joies durables, sont encore des vertus humaines? N'est-ce pas plutôt la satisfaction des penchants matérialistes qui devient désormais objectif et dignité des hommes ? Peut-être est-il nécessaire et urgent pour notre société nouvelle de repenser le problème de son élévation intellectuelle, celui de la construction de son infrastructure morale, influence et surveillance comprises. Émile TAINMONT.
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"La société aura sans doute à se défendre contre le désordre, contre le chaos qui engendrerait cette liberté si elle devait être mal comprise et aboutir à une anarchie stérile.." René HUYGHE.
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~ Alain DIMPRE est un peintre qui sait voir, voir vraiment au point de donner à voir et de questionner le spectateur. C’est l’écriture pour créer le dialogue autour de ce qui le fascine, ce qu’il aime aussi, rien de plus mais rien de moins. Dans sa peinture, la technique est au service de l’idée mais pour lui ce n’est pas l 'essentiel ; c’est un moyen au service d’une fin ; Inventer, associer des couleurs, ne pas être prisonnier des habitudes manuelles et mentales, ne pas se répéter. Il ne se met au travail que lorsque celui de l’esprit est avancé et revient sur une œuvre jusqu’au moment ou tout bascule. Il faut que son travail soit significatif d’un moment, d’un regard croisé…un espace vide comme la toile, lieu de ce qui fut et de ce qui va être. Lieu qui appartient à l’artiste. Chez lui, c’est un combat constant, une mise à l’épreuve personnelle pour tendre à la vérité…la sienne. M. Deltombe, Palais de l’Europe du Touquet, 1990
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~ Si le travail de Alain DIMPRE est fait d’unités formelles, il cherche néanmoins constamment à perturber, à infiltrer le doute dans les systèmes établis. Hors des courants, l’artiste aborde la réalité en redéfinissant les rôles de chacun. Décrire. Puis, sans apriorité , capturer l'émotion d'un instant de vie, saisir le temps, le mouvement et les jeux de lumière. Les « images » obtenues, sur toile montrent bien entendu des ressemblances mais les interprétations sont nécessairement différentes. Cette œuvre pose clairement la difficulté que nous pouvons avoir à définir l’autre. Les représentations de l’artiste rassemblent autant de personnages, d’écrans qui montrent différents visages du corps et soulignent le caractère aléatoire de la réalité. Alain DIMPRE sonde les limites qui séparent l’être et le paraître en pointant les contradictions. De lui-même, il dit « je ne suis pas artiste. Je suis artisan, je fais mon travail, demain, je puis aussi faire autre chose » pour poursuivre par « cherche toujours à être toi-même » (2) à quoi on pourrait ajouter « et tu finiras peut-être par savoir qui tu es ». Alain DIMPRE propose de (re)construire en permanence son identité en additionnant les informations, en essayant de comprendre les mécanismes d’identifications dans leur complexité, pour finalement se remettre en question et chercher ce qui perdure à travers tous ces personnages. Cornelia Sontag, Paris, Espace Delpha , 1993
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En Art, la décadence à notre époque est devenue une plaie, une attitude de plus en plus facile à adopter. Les barbouilleurs, les bâcleurs et bricoleurs en tous genres « font » pour plaire, pour suivre une mode qui va de pair avec bêtise et l’argent. Seuls les regards ont de l’importance quand la surface devient substance. Faire sans mode, c’est un devoir, une vocation pour Alain DIMPRE. Toute autre obsession dépasse de beaucoup le seul fait d’être à la mode ; car cela exige de la rigueur que la plupart d’entre eux est incapable d’apporter à un seul instant de sa création. Il a besoin d’idées capables de transcender son imaginaire, de valoriser par le « fait » purement esthétique le moment de confidence. Car l’œuvre est une confidence. Quelles qu’est pu être ses intentions, les difficultés résolues, le travail accompli, il apparaîtra qu’il y soit présent. Ainsi la peinture épouse son être, le cheminement intérieur. Il décolle des apparences pour mieux sentir et mieux participer au tourbillon qui le brasse et l’aspire. Au souffle qui le transporte vers l’appropriation du réel au moyens de la peinture. Alors le geste est libre et c’est un geste de capture, de prédateur dont les rythmes d’opération simulent les traces obliques qui s’inscrivent dans les corps, les objets. Dans les traces effectuées dans le frais de la peinture et les phénomènes chromatiques.. M. Ardelier . Salon d’Automne à Brebières, 2002
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Fidèle au "métier" qu'il a appris aux Arts appliqués de Calais (ses professeurs :Jacques Declercq et Marc Ollagnon. Ses maîtres, Jeanne Thil et Georges Andrique Atelier peinture) puis aux Beaux arts de Lille et Paris. Il s'exprime à l'huile, en technique mixte, aquarelle ou au pastel sec, ces médiums, qu'il maîtrise en jouant qui plus est sur les contrastes. Des contrastes qu'il introduit par le rendu des différentes matières qu'il transpose - des contrastes visuels aussi, lorsque dans le traitement de ses œuvres il oppose lavis et médium uniment répartis, le fondu des modelés, la douceur et la violence de la texture ainsi travaillée à la rigueur du trait, le flou des formes, la précision des détails. Mais au-delà de la particularité de la facture, ce que le regard découvre dans les tableaux de Alain DIMPRE est un espace étrange, dans lequel il lui arrive de pénétrer en vue plongeante - en contre-plongée ou en vue rasante. Un espace extérieur , le plus souvent fermé par un ou deux point de vision. Quelquefois un espace intérieur, circonscrit par l'ombre et la lumière.
Dans ces univers, où, exaltant sa palette, rayonne une intense lumière dont la source est souvent hors cadre, s'inscrivent des lieux, des formes humaines, saisies en diverses attitudes. Personnages féminins ; sur lesquels, auprès desquels, des ombres se développent. Parfois, certaines d'entre elles semblent émaner d'éléments étrangers au tableau. Dès lors, apprend-il à percevoir dans les oeuvres de Alain DIMPRE cette ambivalence qui laisse affleurer, sous le rendu soucieux de vérité, l'arbitraire de la représentation - où n'entre aucune volonté de narration si ce n'est : la vérité du lieu, le moment partagé, le corps livré. Parlant de sa démarche et de son travail, il dit "Travailler sur le motif, à la lumière et capter les atmosphères, les impressions c'est une façon de vivre ma peinture; je suis alors habité par le lieu, le corps que je peins. Sur le motif, le sujet n'est pas une chose importante; ce que je reproduit c'est ce qu'il y a entre le sujet et moi. Le choix des teintes, répond aux sensations reçues devant le sujet et du moment ou se situe l'action de peindre. Pour traduire ce que je sent, c'est l'ombre et la lumière qui me guide; la lumière qui perce les masses cotonneuses et qui détermine les éléments qui construisent les paysages, la lumière qui dessine et sculpte les corps guide ma composition"
Galerie EVERAERTS Paris 2005
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Je dois à la tradition, à l'éducation le fait d'être quelqu'un qui cherche la vérité, sa vérité, qui doute. Je crois beaucoup à la morale en Art comme dans la vie. Quand je dis morale je pense à l'idée d'exemple : un Artiste ne doit pas se vendre; perdre sa sensibilité, faire pour plaire au banal entourage... Je crois que l'artiste doit être en lutte contre la chose établie même s'il doit en souffrir : pour créer, il a besoin d'un climat de lutte et non d'une situation molle de certitude. Regarder, dessiner un corps, des morceaux, des instants fous, des gestes, des attitudes. Il traîne au fond de moi un besoin, le besoin de montrer l'instant qui passe, le moment ou tout bascule. Le moment présent qui va passer au souvenir pour ne plus être vraiment. C'est ce regard, ce corps qui me fascine alors. Il y a toujours, chez moi, quelque chose d'imprécis mais à chaque fois une manière de "parler", de "communiquer" différente qui met le spectateur dans une situation de trouble. C'est important pour moi et le spectateur, pour ne pas se rassurer. Si la "chose" est aussitôt reconnue, identifiée, on sait de quoi il s'agit et il n'y a plus d'ÉMOTION. Mes toiles ont un caractère momentané, instantané, comme si le regard se dédoublait et contemplait une scène, à la fois très proche et très lointaine, présente et absente. Pourtant, pour en arriver là, il a fallu capturer l'émotion d'un instant de vie, saisir le temps, le mouvement et les jeux de lumière. Chez moi, ce n'est pas la même distance à l'égard de mon sujet, ni, de ce fait, la même acuité, la même liberté qui développe un "travail" suivi et rigoureux.
J’organise mon travail dans le sens d’une approche de maîtrise artisanale. Mon travail repose sur la réalité concrète de la pratique picturale, dépouillée de tous artifices redondants, partant des données de base de la peinture pressenties comme des contraintes que l’artiste s’impose : format du tableau, taille des pinceaux, des brosses, des couteaux, nombre et qualité des couleurs à disposition, temps passé à peindre. Avec ce procédé, je m’interdis le superflu que l’on trouve de plus en plus souvent dans la peinture. J’élimine les effets de style et esthétique, je maîtrise la technique au profit de ma sensibilité. Je suis plus artisan qu’artiste - où peintre, tout simplement. Je ne suis pas un fabricant d’images. Je travaille le plus souvent sur nature ; c’est la perception des choses, des lieux, des corps qui compte. C’est la maîtrise des techniques et de mes propres sens qui me fait gagner en indépendance. Dans les paysages, c’est la nature qui me tient. J’aime le jeu de la lumière et de l’ombre, les lieux dépourvus d’architecture, d’objets fabriqués par l’homme – le choix du sujet est moins important que la peinture, que le regard que je porte, que l’acte.
Dessiner des corps et des attitudes, des instants fous, des gestes, des lieux ; Il traîne au fond de moi un besoin, le besoin de montrer l'instant qui passe, le moment ou tout bascule. Le moment présent qui va passer au souvenir pour ne plus être vraiment. C'est ce regard, ce corps qui me fascine alors.
Je donne à mes toiles un caractère momentané, instantané, comme si le regard se dédoublait et contemplait une scène, à la fois très proche et très lointaine, présente et absente. Pourtant, pour en arriver là, il a fallu capturer l'émotion d'un instant de vie, saisir le temps, le mouvement et les jeux de lumière. Chez moi, ce n'est pas la même distance à l'égard de mon sujet, ni, de ce fait, la même acuité, la même liberté qui développe un "travail" suivi et rigoureux . Il y a toujours, chez moi, quelque chose d'imprécis mais chaque fois, une manière de "parler", de "communiquer" différente qui met le spectateur dans une situation de trouble. C'est important, pour ne pas se rassurer. Si la "chose" est aussitôt reconnue, identifiée, on sait de quoi il s'agit et il n'y a plus d'ÉMOTION. Je dois à la tradition, à l'éducation le fait d'être quelqu'un qui cherche la vérité, sa vérité, qui doute. Je crois beaucoup à la morale en Art comme dans la vie. Quand je dis morale je pense à l'idée d'exemple : un Artiste ne doit pas se vendre; perdre sa sensibilité, faire pour plaire au banal entourage... Je crois que l'artiste doit être en lutte contre la chose établie même s'il doit en souffrir : pour créer, il a besoin d'un climat de lutte et non d'une situation molle de certitude.